FP01
À propos
Simon Campedel

Architecte DEA HMONP

ENSA Paris Belleville (2010)
Architecte du Patrimoine
Cofondateur des Éditions Cosa Mentale
Enseignant

ENSA Toulouse et Paris Belleville

Jean-Romain Munvez

Architecte DPLG

ENSA Paris Malaquais (2005)
Master d’architecture

UPC Barcelone (2006)
Lauréat des AJAP

Ministère de la Culture (2012)

Collaborateurs

Battitt Bordenave, François Bourrel, Mélanie Campedel, Aurélie Forgues, Stefane Lopes, Alina Michaud

Design et développement

Conçu par Spassky Fischer, avec l’aide de Corentin Corneau et Frédéric Jaman. Développé par Tristan Bagot.

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Il s’agit de penser chaque projet comme un patrimoine à venir, de placer la question du temps au centre de la réflexion – et par l’intelligence constructive et la maîtrise de la matière, rechercher la sérénité qu’apporte la pérennité. Faire patrimoine c’est proposer des bâtiments qui transcendent l’héritage du passé, répondent parfaitement aux questions du présent et offrent la trame de futurs. FP01 développe une méthode de travail rationnelle et rigoureuse fondée sur la maîtrise des outils de conception numérique, une recherche de performance de la construction, un pragmatisme économique et une expertise dans les domaines de l’énergie et du patrimoine.

Le temps est la grande victime de notre société. La non durabilité des modes de production, de déplacement, de réflexion contamine à une vitesse accrue toutes les disciplines et toutes les industries. L’architecture n’échappe pas à cette contamination. Elle est uniformisée, dématérialisée, coupée de toute origine et parfois même de toute réalité. Nous regardons le monde dans toute sa complexité pour remplacer l’artifice du spectaculaire par la profondeur de l’intensité. Nous défendons une architecture bien construite, faite pour durer et cherchons, par la raison, à la rendre lisible et transmissible, et à lui donner une signification collective.

2021
048
Projet
Borde Basse
Ville
Vieille-Toulouse
Pays
France
Programme
Réhabilitation d’une ferme en trois maisons individuelles mitoyennes
MO
SARL AMVI
Architectes
FP01
Coût
800 000 €
Superficie
675 m2
Statut
En cours
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047
Projet
Sebastopol
Ville
Toulouse
Pays
France
Programme
Restauration et extension d’une caserne en hotel et résidence étudiante, construction d’une Ecole du Numérique et construction d’un bâtiment de bureaux
MO
ICADE, YNOV
Architectes
FP01, Kardham (m)
Coût
26 500 000 €
Superficie
18 000 m2
Statut
En cours
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046
Projet
Le Moulin de Lagorce
Ville
Valojoulx
Pays
France
Programme
Restauration d’un bâtiment agricole en gîte et construction d’un pôle communal de production agroalimentaire
MO
Mairie de Valojoulx
Architectes
FP01
Coût
1 200 000 €
Superficie
500 m2
Statut
En cours
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045
Projet
Saint Pierre
Ville
Toulouse
Pays
France
Programme
Restauration d’une ancienne maison éclusière en salle de spectacle et restaurant
MO
SAS l’Écluse
Architectes
FP01
Coût
850 000 €
Superficie
550 m2
Statut
En cours
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2020
044
Projet
Obscure
Ville
Cambieure
Pays
France
Programme
Transformation d’une maison en deux maisons mitoyennes
MO
NC
Architectes
FP01
Coût
800 000 €
Superficie
600 m2
Statut
Non réalisé
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043
Projet
Bayssade
Ville
Vieille-Toulouse
Pays
France
Programme
Réhabilitation d’une grange en maison individuelle
MO
NC
Architectes
FP01
Coût
300 000 €
Superficie
200 m2
Statut
Réalisé
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2019
041
Projet
Domitienne
Ville
Montpellier
Pays
France
Programme
Réorganisation programmatique et rénovation énergétique du campus de l’Ecole de Pharmacie
MO
COMUE Languedoc-Rousillon Universités
Architectes
FP01, Kardham (m)
Coût
12 000 000 €
Superficie
25 000 m2
Statut
Non réalisé
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040
Projet
R55
Ville
Chantilly
Pays
France
Programme
Transformation de la Villa Besson de Jean Balladur en fondation pour la mode et le design
MO
Renomée Group
Architectes
FP01, Particules élémentaires
Coût
350 000 €
Superficie
300 m2
Statut
Réalisé
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037
Projet
Epernon
Ville
Cadillac
Pays
France
Programme
Etude de revalorisation des espaces extérieurs du Château Renaissance en relation avec les aménagements urbain de la ville
MO
Centre des Monuments Nationaux
Architectes
FP01, Sapiens
Coût
NC
Superficie
NC
Statut
Non réalisé
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2017
027
Projet
Arsenal
Ville
Paris
Pays
France
Programme
Etude pour l’ouverture à la visite de la bibliothèque de l’Arsenal
MO
BNF
Architectes
FP01, Sapiens
Coût
NC
Superficie
NC
Statut
Non réalisé
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026
Projet
Turenne
Ville
Paris
Pays
France
Programme
Transformation d’un appartement haussmannien en bureaux
MO
My Box Production
Architectes
FP01, Particules élémentaires
Coût
90 000 €
Superficie
75 m2
Statut
Réalisé
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023
Projet
Composition
Ville
Riaz
Pays
Suisse
Programme
Extension de l’école maternelle
MO
Mairie de Riaz
Architectes
FP01
Coût
4 500 000 €
Superficie
1 060 m2
Statut
Non réalisé
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2016
022
Projet
Terramar
Ville
Sitges
Pays
Espagne
Programme
Restauration d’un circuit automobile en complexe hippique
MO
Grand Prix group
Architectes
FP01
Coût
2 400 000 €
Superficie
1 700 m2
Statut
Non réalisé
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021
Projet
Bida
Ville
Toulouse
Pays
France
Programme
Réhabilitation d’un immeuble de bureaux en logements et bureaux
MO
NC
Architectes
FP01
Coût
600 000 €
Superficie
360 m2
Statut
Réalisé
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020
Projet
Le Wagon
Ville
Paris
Pays
France
Programme
Réhabilitation d’un entrepôt en espace de coworking
MO
NC
Architectes
FP01, Particules élémentaires
Coût
300 000 €
Superficie
300 m2
Statut
Réalisé
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2014
014
Projet
Clairbois
Ville
Pessac
Pays
France
Programme
Construction d’une résidence étudiante de 8 appartements
MO
NC
Architectes
FP01
Coût
800 000 €
Superficie
420 m2
Statut
Non réalisé
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013
Projet
Nouveautés
Ville
Toulouse
Pays
France
Programme
Transformation de l’ancien cinéma des Nouveautés en une maison du projet urbain comprenant des bureaux avec salle de conférence, salle exposition et restaurant
MO
Mairie de Toulouse
Architectes
FP01, Munvez-Morel (m)
Coût
7 800 000 €
Superficie
4 200 m2
Statut
Non réalisé
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2012
006
Projet
Marchant
Ville
Toulouse
Pays
France
Programme
Réhabilitation des bâtiments de l’administration
MO
Centre Hospitalier Gerard Marchant
Architectes
FP01, Munvez-Morel (m)
Coût
7 200 000 €
Superficie
3 500 m2
Statut
Réalisé
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2011
005
Projet
Sala Ayats
Ville
Arbucies
Pays
Espagne
Programme
Restautation d’un entrepôt en salle de spectacle
MO
Mairie d’Arbucies
Architectes
FP01
Coût
3 100 000 €
Superficie
2 350 m2
Statut
Réalisé
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003
Projet
La Cuisine
Ville
Negrepelisse
Pays
France
Programme
Centre d’art la Cuisine
MO
Mairie Negrepelisse
Architectes
Munvez-Morel, FP01
Coût
2 300 000 €
Superficie
1 410 m2
Statut
Non réalisé
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002
Projet
Teatre de Guerilla
Ville
Arbucies
Pays
Espagne
Programme
Centre d’interprétation
MO
Teatre de Guerilla
Architectes
FP01
Coût
1 000 000 €
Superficie
2 350 m2
Statut
Non réalisé
Fiche projet
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Durand va donner à son travail le systématise, la rigueur et l'abstraction d'une construction scientifique, ca il s'agit bien d'une construction, progressive, continue, cohérente depuis le Recueil jusqu'à la Partie graphique en passant par le Précis. Partant de l'observation concrète d'un vaste corpus d'objets architecturaux, il va procéder à une analyse et à un classement typologique de ces objets par fonction qui lui permettra dans un premier temps de saisir la posrtée générale du concept d'architecture dans toute sa dimension temporelle et spatiale, transhistorique et transculturelle. 

Texte & Image: Werner Szambien, "Jean-Nicolas-Louis Durand, 1760-1834, De l'imitation à la norme", Picard, Paris, 1984 - © FP01
La monumentalité est énigmatique. On ne peut le créer intentionnellement. Il n'est besoin ni du meilleur matériau ni de la technologie la plus avancée dans une oeuvre de nature monumentale, pas plus qu'il ne fallut la meilleure encre pour dessiner la Magna Carta.
Toutefois, nos monuments architecturaux traduisent un effort vers la perfection structurelle qui a contribué pour une large part à leur aspect impressionnant, à la clarté de leur forme et à leur échelle logique.

Texte: Louis I. Kahn, La Monumentalité, 1944

Image: David B. Brownlee et David G. De Long, "Louis I. Kahn: In the Realm of Architecture", Rizzoli, New York, 1991 - © FP01
Il condamnait en fait l'idée d'un espace "sans division", continu, un espace libre et indifférencié, caractéristique du Style international, un espace fluide sans limites ni restriction à travers une grille de colonnes : "Je ne pourrais pas plus placer une colonne dans un espace et une autre dans un espace séparé que dormir la tête dans une pièce et le corps dans une autre." Pour Kahn, la structure était ce par quoi "l'on commence à circonscrire" l'espace, et chaque pièce méritait d'avoir sa propre définition spatiale, perceptible er articulée clairement : "On pourrait dire que la nature d'une pièce réside dans sa complétude." 

Texte: Robert McCarter, "Louis l. Kahn", Phaidon, Paris, 2013, p.298

Image : François Franque, "Plans de rez-de-chaussée de la Maison de Mr. Le Marquis de Villefranche à Avignon", extrait de Denis Diderot, "Recueil de planches, sur les sciences, les arts libéraux et les arts mécaniques avec leur explication", Première livraison, Paris, 1762-1777, p.222-223 - © FP01
Des proportions harmonieuses en plan comme en élévation, un goût général pour la symétrie, le règne absolu de l'arc en plein cintre et l'adéquation parfaite au programme thérapeutique font de l'asile de Braqueville aujourd'hui centre hospitalier spécialisé G. Marchant un modèle de rationalisme architectural de style « néo-palladien » ou « néo-classique », qui valut à son auteur les honneurs et la consécration de son talent.
Esquié, architecte au talent incontestable, s'engagea nettement dans la nouvelle voie ouverte simultanément dès 1840 par Viollet-le-Duc et Labrouste dans des registres stylistiques très différents : celle du rationalisme. Notre Toulousain, quant à lui, puisa volontiers dans le répertoire stylistique du roman, voire du gothique pour ses constructions religieuses très liées à ses activités de restaurateur, mais resta fermement attaché au classicisme et au palladianisme pour les commandes publiques et même privées.

Texte : Odile Foucaud, "L'architecte toulousain Jacques-Jean Esquié (1817-1884) et le rationalisme architectural du XIXe siècle", extrait de "Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale", Tome 98, N°174, 1986

Image: 006_Marchant - © FP01
Un  système  est  un  ensemble d’éléments identifiables, interdépendants, c’est-à-dire liés entre eux par des relations telles que, si l’une d’elles est modifiée, les autres le sont aussi et par conséquent tout l’ensemble du système est modifié, transformé. C’est éga-lement un ensemble borné dont on définit les limites en fonction des objectifs (propriétés, buts, projets, finalités) que l’on souhaite privilégier. 
L. von Bertalanffy, dans la Théorie générale des systèmes, parle « d’un complexe d’éléments en interaction ».

Texte: Jean-Claude Lugan, "La définition des systèmes", extrait de "La systémique sociale", Presses Universitaires de France, Paris, 2009, p. 32-50

Image: Edgar Morin, "La Méthode", Editions du Seuil, Partis, 1977, p.145 - © FP01
Dom Hans Van der Laan est l’architecte d’une vie qui s’impose à lui. Dans ce cadre, faire un projet - faire un plan, organiser un programme, etc. - prend un tout autre sens que celui que celui qui est communément entendu. Tout cela est fait dans la règle et tendu vers un but qui dépasse le projet lui-même. L’architecture est l’élaboration d’un cadre de vie dont les caractéristiques sont précisément établies et codifiées.
Et former un plein, former un vide est un artisanat. La règle est ainsi faite qu’elle ne présente pas de recettes mais une éthique : elle est un monde dans le monde. De la même manière le travail de Dom Hans Van der Laan a sa propre autonomie dans la discipline, sa cohérence, ses codes. Pour lui c’est d’un bon usage des proportions que nait le rythme, et c’est uniquement grâce à ce rythme que des éléments simples peuvent trouver leur place les uns à côté des autres dans le calme et la sérénité.

Texte: Simon Campedel, "Silence, Préparer ma visite à l'Abbaye de Vaals", extrait de Cosa Mentale n°12, Editions Cosa Mentale, Paris, 2014

Image: Caroline Voet, "Dom Hans van der Laan, Tomelilla, architectural theory in Prentice", Architectura & Natura Press, Amsterdam, 2016, p.68 - © FP01
Faire patrimoine est un moyen d’atteindre une réelle efficacité énergétique. Il est nécessaire pour cela de réfléchir la conception comme une hiérarchie entre le variant et l’invariant. Cela revient à envisager l’acte de bâtir en deux temps clairement distinct.  Le temps de l’invariant : c’est la structure, entendue dans son sens large. C’est elle qui fait la forme. C’est elle qui filtre la lumière. C’est elle qui donne la trame de l’organisation de l’espace. Le variant c’est l’usage, et tous les éléments qui y sont rattachés. Le variant est par essence obsolescent: les usages se transforment, les normes changent, la technique évolue. Ainsi faire patrimoine c’est installer un bâtiment dans la durée en lui donnant dès sa conception le potentiel de son évolution et de sa transformation. C’est prendre acte que le projet n’a pour but que lui-même. C’est en devenant inefficient et inactuel qu’il atteint sa justesse.

Texte: Simon Campedel & (link: https://www.particules-elementaires.com text: Mathias Gervais de Lafond (Particules élémentaires)), (link: https://www.pavillon-arsenal.com/fr/et-demain-on-fait-quoi/11691-faire-patrimoine.html text: "Faire patrimoine"), contribution dans le cadre de l'appel à projets (link: https://www.pavillon-arsenal.com/fr/et-demain-on-fait-quoi/ text: "Et demain on fait quoi?") du (link: https://www.pavillon-arsenal.com text: Pavillon de l'Arsenal), Paris, 2020

Image: Jean-Louis Cohen, Joseph Abram et Guy Lambert, "Encyclopédie Perret", Monum, Editions du patrimoine, Paris, 2002, p.115 - © FP01
Faire disparaître, cacher, est un refus, c’est une manière de fuir le problème : accepter paraît plus honnête ; plus dur aussi, la tentation est grande de préserver le projet de tout contact extérieur à l’idée. Accepter nécessite de pousser plus loin encore l’effort de réflexion pour permettre aux objets de prendre leur place ; et aussi de les laisser faire — anticipation et abandon. Ceci étant dit, le problème persiste du point de contact de l’architecture, pétrifiée, pensée prise dans la matière, avec la banalité technologique et temporelle de ces outils. C’est l’acte de l’architecte qui fait le lien qu’entretiennent ces deux entités : la lampe est posée, encastrée, cachée et sa lumière change ; la vaisselle et les livres sont classés, posés, cachés et le contact physique et mental que l’on entretient avec eux est modifié. Si les objets ne sont pas, par définition, de l’architecture, on pressent que le lien qui va se créer entre eux et nous est lui bel et bien le résultat du travail d’un architecte. Les allers et retours entre un individu et l’unité de tout ce qui l’entoure est une construction — et une construction dans les deux sens.

Texte: Simon Campedel, "Tabac, table, lampes et mandarines", extrait de Cosa Mentale n°7, (link: https://cosamentale.com text: Editions Cosa Mentale), Paris, 2012

Image: 043_Bayssade - © FP01
Peter Märkli prend le lieu, toujours, comme fondement du projet. C’est le lieu qui donne la mesure de base, tout le reste devra lui être arraché. Comme un bâtisseur roman, il trouve dans le site et le contexte de son projet – dans son rapport au programme, aux règlements d’urbanisme, etc. – la matière pour la longue recherche qui le mènera au bâtiment – solution toujours unique et pourtant inscrite dans une longue chaîne réflexive. Le Nombre n’est pas une valeur abstraite : chaque dimension est reliée par un système extrêmement précis de proportions à cette unité de base. C’est lui qui permet à l’architecte de traduire ses croquis en plans, d’abandonner sa main pour l’ordinateur. Ce moment est important, difficile et risqué. Mais il est maitrisé grâce aux valeurs précises que donnent les proportions. C’est un énorme travail de passer à l’orthogonalité : ce passage doit avoir un sens. 

Texte: Simon Campedel, "L'Architecture comme langage", Le Phare journal n°26, Centre Culturel Suisse, Paris, 2017, p.10-11

Image : Giorgio Azzariti, "À la recherche d’un langage, Voyage dans l’imaginaire de Peter Märkli, Giorgio Azzariti", Editions Cosa Mentale, Paris, 2019, p.110 - © FP01
Livio Vacchini est un architecte archaïque. Comme Mies il porte toute son attention aux questions éternelles de l’architecture, celles qui dépassent le programme. Il critique les Grecs, les Egyptiens et Sinan pour construire une histoire pratique de l’architecture qui dépasse le temps. C’est ainsi qu’il façonne son credo. Par une remise en cause permanente de sa propre façon de travailler. Sans jamais renier ce qu’il a fait avant, il tente sans cesse de reformuler les questions. Car quand la question sera bien posée, la réponse ne sera plus très loin.
Le projet construit doit être lu comme le document le plus complet de son travail à un moment donné, comme une expression parmi d’autres (dessin, texte) du credo : le projet exprime quelque chose. La maison nous dit qu’elle est là, qu’elle est orientée donc qu’elle est un bâtiment privé, qu’elle offre un espace de qualité aux gens qui l’habitent sans être à leur service, qu’elle arrive à transformer leurs nécessités d’ordre pratique en valeurs spirituelles, qu’elle est une unité.

Texte: Simon Campedel, (link: https://www.academia.edu/41804570/Penser_linutile text: "Penser l'inutile"), extrait de Cosa Mentale n°0, (link: https://cosamentale.com text: Editions Cosa Mentale), Paris, 2009

Image: Christian Norberg-Schulz & Jean-Claude Vigato, "Livio Vacchini", Editorial Gustavo Gili, Barcelone, 1987 - © FP01
La géométrie permet à l'architecture de construire son propre territoire et, en réutilisant une typologie historique du lieu, d'en créer un nouveau. Il n'y a pas de mimétisme, il n'y a pas de formalisme puisque la forme est construite en pensée.
La géométrie transforme le programme de ce qu'il est en ce qu'il doit être et ainsi lui fait prendre sa place dans l'espace (rapport à la ville, au lac, aux montagnes, etc.) et dans le temps (confrontation de la typologie historique et de la modernité).

Texte: Simon Campedel, "Le Territoire est un carré", dans Cosa Mentale n°01, Editions Cosa Mentale, Paris, 2010

Image: 016_Pavillon O - © FP01
Bagdad, capitale des Abbassides, fut créée en 776 par Al Mansour. Les écrivains arabes en parlent avec détails et éloges. Le khalife traça lui-même le plan de la ville, parfaitement ronde, entourée de trois enceintes percées de quatre portes orientées sur les points cardinaux. Le palais du souverain, avec les édifices publics, occupait le centre la majeure partie, défendue par la plus petite enceinte. Les habitations particulières étaient étroitement tassées entre celle-ci et les deux autres. "On ne connait, disent-ils, dans le monde, aucune ville qui ait cette forme ronde". Quand au raisons qui avaient guidé le khalife, tous indiquent la même : "Une ville ronde a cette supériorité sur une ville carrée que, dans cette dernière, lorsque le roi habite au milieu, certains quartiers sont plus rapprochés que d'autres, tandis que dans une ville ronde, quelles que soient les divisions adoptées, il y a partout équidistance". 

Texte & Image: Pierre Lavedan et Jeanne Hugueney, "L'Urbanisme au moyen âge", Arts et Métiers Graphiques, Paris, 1974 - © FP01
Les Conversations de Classeur transcrivent littéralement ces échanges et construisent par là même un portrait littéraire de ces personnalités qui nous
nourrissent, marqueurs d’une époque et porteurs de racines culturelles. Claude Crouzel est artisan, couvreur lauzier. Les lauzes, ce sont ces dalles de pierre plates, souvent en calcaire ou en grès, utilisées pour la couverture des toitures. Stendhal en donne une défini- tion dans son Journal lorsqu’il décrit les ruelles et passages de la ville de Saluces. Claude Crouzel est également collectionneur, passionné d’art et de Préhistoire. 
Le 12 novembre 2015, en Dordogne, dans la brume épaisse d’un après-midi d’hiver. Claude est là-haut, perché sur la toiture d’une modeste chapelle qui borde un cimetière de campagne. Il travaille, silencieusement. Seules les pierres crient sous le choc de son marteau. Les éclats dégringolent le long des façades de la bâtisse, étreinte entre les bras de l’écha- faudage. Nous grimpons puis, après les formules de politesse communes, la conversation débute.

Texte & Image: Simon Campedel & Baptiste Manet, "Portrait d'artisan, Claude Crouzel", extrait de Classeur 01 "Le Mythe de pierre", Editions Cosa Mentale, Paris, 2016, p.73 - © FP01
Il s’agit d’offrir à la maison de ville son manuel de construction rétroactif. Patrimoine ordinaire, elle constitue un paysage urbain de grande valeur historique, culturelle et identitaire. C’est un patrimoine urbain ordinaire qui présente une durabilité avérée. La durabilité de ce type est « une montagne d’évidences sans manifeste » et sa résilience n’est plus à démontrer. Nous allons chercher à la définir et à la quantifier au regard des critères de performances contemporains.
Il s’agit également, au regard de cette durabilité décryptée, d’apprendre à transformer ces maisons, de faire émerger un principe stable de restauration durable, et d’en dégager les outils et les méthodes. Cette restauration durable a comme objet la valorisation et/ou la réactivation de la durabilité du type dans une réflexion écologique globale – environnementale, sociale, mentale - tout en veillant à la préservation de leur singularité.
Il s’agit enfin de proposer une révision des valeurs de jugement du patrimoine en proposant la « valeur durable » comme outil opérant pour une pensée du patrimoine contemporaine, à l’ère du nouveau régime climatique. 

Texte : Simon Campedel, "Le patrimoine des maisons de ville en midi toulousain face à la transition écologique. Manuel rétroactif de construction durable", Projet de recherche lauréat 2020 de l'appel à candidature pour la recherche en architecture et en paysage de la Caisse des Dépôts et Consignations

Image: Pierre Le Muet, "Manière de bien bastir pour toutes sortes de personnes", 1647, p.17 - © FP01
Depuis ses origines, l’architecture est corrélée à un langage structurel. L’architecture est profondément liée à la pensée de la construction car notre condition d’existence n’a jamais changé: nous sommes soumis à la gravité terrestre. Bâtir c’est définir un système constructif qui sera l’expression d’une force à opposer à la gravité, soit pour franchir soit pour s’élever. La gravité est à l’origine d’une relation essentielle entre l’architecture et la construction. C’est la permanence intrinsèque de l’architecture. Aujourd’hui beaucoup d’architectes dissocient l’expression architecturale du bâtiment et son principe constructif. L’abstraction constructive défait la relation de dépendance entre construction et forme. Si on ne défend pas le rapport de dépendance entre la forme et la construction, on risque de transformer l’acte de bâtir en un simple assemblage de produits industriels standardisés. Ce sont alors ces produits, et non pas l’architecte, qui conditionnent les formes architecturales.

Texte: Simon Campedel & (link: https://www.particules-elementaires.com text: Mathias Gervais de Lafond (Particules élémentaires)), (link: https://www.pavillon-arsenal.com/fr/et-demain-on-fait-quoi/11691-faire-patrimoine.html text: "Faire patrimoine"), contribution dans le cadre de l'appel à projets (link: https://www.pavillon-arsenal.com/fr/et-demain-on-fait-quoi/ text: "Et demain on fait quoi?") du (link: https://www.pavillon-arsenal.com text: Pavillon de l'Arsenal), Paris, 2020

Image: 047_Sebastopol - © FP01
La figure est un outil de décryptage pour les édifices, les villes et les paysages — un médium pour dépasser l’enveloppe, pour critiquer. Elle est une porte d’entrée pour une histoire de l’architecture écrite par un architecte. Parce que derrière une histoire de formes, c’est une histoire d’es- pace que l’on découvre. C’est l’espace qui est toujours au cœur du récit.
La richesse et la multiplicité des exemples nous pousse à toujours regarder et juger des constructions sous l’angle de leur spatialité. La confrontation des temps et des origines fait émerger une histoire non hiérarchisée. Indifférent aux échelles, à la géographie, au temps, Dominique Putz nous emmène avec lui dans un voyage mental pour chercher toujours plus loin les outils pour notre travail d’aujourd’hui.

Texte & Image: Simon Campedel, préface de Dominique Putz, "Les Figures architectonique, La construction logique de la forme", Editions Cosa Mentale, Paris, 2019 - © FP01
Le credo a un caractère mystique, presque sacré : il est entre la croyance et le raisonnement rationnel. Il est nourri du travail, il évolue donc. C’est un univers qui tire de son homogénéité une grande clarté, une évidence et un respect de l’éthique.
Livio Vacchini a tendu au respect des valeurs de vérité, de beau, de qualité dans toute son œuvre, mais c’est dans ses derniers projets qu’il touche au plus près de son objectif : dialoguer avec les monuments de toujours, les chefs-d’œuvre, leur porter des attaques frontales pour les faire vivre.

Texte & Image: Simon Campedel, (link: https://www.academia.edu/40261641/LARCHITECTURE_COMME_RITUEL_MENTAL_UNE_METHODE_DE_PROJET_Ecole_Nationale_Supérieure_dArchitecture_de_Paris_Belleville_Séminaire_Pérennité_et_obsolescence_du_Mouvement_Moderne_Enseignants text: "L'Architecture comme rituel mental, Une méthode de projet"), Paris, 2010, p.8 & p.55 - © FP01
Si la valeur immatérielle de l’architecture n’est pas interrogée, « la valeur ne réside que dans le fait d’être nouveau ou différent, et n’a, au-delà de l’échéance, plus de valeur ». Il est alors impossible de constituer un patrimoine. L’idée même de patrimoine architectural est possible parce que la valeur profonde de l’architecture est immatérielle. Le Label Patrimoine du XXe siècle, le nouveau dispositif « Architecture contemporaine remarquable » mis en place par le ministère de la Culture, cherche à créer des « ruptures de valeur » en identifiant un patrimoine en devenir. Ce label, que nous défendons, est l’expression d’un désir de prendre position pour la sensibilisation, l’appropriation et la diffusion d’une architecture remarquable ; il participe à constituer une mémoire collective et à faire société. Cette perspective relie l’architecture à son emprise sociale et politique ; un accompagnement du regard et des consciences est indispensable pour faire évoluer une perception de valeur.

Texte : (link: https://www.particules-elementaires.com text: Mathias Gervais de Lafond (Particules élémentaires)), (link: https://www.particules-elementaires.com/editions text: "Histoires de Lieux", Paris, 2020)

Image : 040_R55 - © FP01
Image: Thomas Boga, "Die Architektur von Rudolf Olgiati", Birkhäuser, Bâle, 2009 - © FP01
"Celui qui, sans trahir les matériaux ni les programmes modernes, aurait produit une œuvre qui semblerait avoir toujours existé, qui, en un mot, serait banale, je dis que celui-là pourrait se tenir pour satisfait". 
Auguste Perret

La beauté, l'équilibre, sont un climat, au même titre que la pureté de l'air, le froid, la chaleur. Personne ne peut être insensible au Capitole de Rome, à la Place Stanislas, au Cours Mirabeau. La traversée d'une ville peut être, tour à tour, exaltante ou déprimante, sans que l'esprit ait été éveillé par la considération de l'ensemble ou du détail, par l'examen conscient.
Comme le fait de marcher, le fait de voir permet de comprendre la chose bâtie. (La compréhension visuelle est un état de grâce qu'il faut attendre avec ferveur; elle devient à ce moment-là presque douloureuse). L'œuvre architecturale exprime alors le potentiel mis dans la création initiale : plus celle-ci aura de qualités, plus l'impression sera forte. Le chef-d’œuvre isolé pourra être équilibré, ailleurs, par des architectures plus humbles, mais rassemblées au même endroit. 

Texte: Fernand Pouillon, "Ordonnances", 1953

Image: Jean-Lucien Bonillo, "Fernand Pouillon", Editions Imbernon, Marseille, 2001, P.45 - © FP01
Image: François Eygun, "Saintonge romane", Editions Zodiaque, Abbaye Sainte-Marie de la Pierre-qui-Vire, 1979, p.112 - © FP01
Sans faire jamais appel au sacré ou au divin, il est nécessaire de permettre dans ce lieu une réflexion d’ordre spirituel. Des formes et des dispositifs architecturaux puissants sont convoqués pour accompagner ces pensées profondes. Nos références sont antiques et intemporelles : nous avons puisé dans l’architecture des mausolées égyptiens et des temples grecs pour tenter de construire le lieu d’un rapport contemporain à la mort. Notre proposition repose sur quatre principes architecturaux forts: la distinction des flux public et technique et leur superposition sur deux niveaux distincts ; la linéarité du bâtiment par juxtaposition des fonctions ; le fractionnement de cette ligne par des failles permettant son franchissement ; la création pour le projet d’un nouveau sol différent du sol de la ville: le socle. Ainsi, les différents éléments de programme ouverts au public sont disposés sur une ligne. Cette ligne est discontinue, les éléments de programme étant séparés les uns des autres par des failles optiques et parfois piétonnes qui lient parking et parc. Les différents locaux techniques, reliés par une circulation linéaire continue sont placés en dessous. Le bâtiment ainsi généré est à la fois un et multiple, distinguant clairement chaque fonction et les parties publiques et privées de l’équipement.

Texte & Image: 031_Gameville - © FP01
La ville de Cadillac est le résultat d’une stratification en trois phases : deux projets urbain forts (la Bastide et le Château) et imbriqués sur lesquels sont venus s’apposer les infrastructures liées à l’automobile (pont, stationnement, voieries de diverses taille), les nouveaux équipements publics et commerciaux ainsi que la forme nouvelle du logement pavillonnaire. Nous avons montré que de cette stratification a résulté une ville contrariée, un patrimoine parfois pris «à rebours» : rempart fracturé et absorbé, portes contournées, château isolé. Cette stratification a également rendu illisible la forme urbaine portant forte historiquement et formellement dans le territoire de l’ensemble Bastide-Château. C’est dans l’espace public que peut être trouvé la possibilité d’une clarification de la lecture de cet ensemble. Enfin, cette stratification a créé des fractures et des césures qu’il s’agit aujourd’hui de résorber pour installer des continuités spatiales et de parcours. Et pour retisser le lien entre la ville et son patrimoine.

Texte: FP01 & (link: https://sapiens.archi text: Sapiens), "Mémoire méthodologique et historique", 2018

Image: Pierre Lavedan & Jeanne Hugueney, "L'Urbanisme au moyen âge", Arts et Métiers graphiques, Paris, 1974, p.LXIX - © FP01
Image: Adam Caruso & Helen Thomas, "Rudolf Schwarz and the Monumental Order of Things", gta Verlag, Zurich, 2016 - © FP01
Faire patrimoine est un moyen d’atteindre une réelle efficacité énergétique. Il est nécessaire pour cela de réfléchir la conception comme une hiérarchie entre le variant et l’invariant. Cela revient à envisager l’acte de bâtir en deux temps clairement distinct.  Le temps de l’invariant : c’est la structure, entendue dans son sens large. C’est elle qui fait la forme. C’est elle qui filtre la lumière. C’est elle qui donne la trame de l’organisation de l’espace. Le variant c’est l’usage, et tous les éléments qui y sont rattachés. Le variant est par essence obsolescent : les usages se transforment, les normes changent, la technique évolue. Ainsi faire patrimoine c’est installer un bâtiment dans la durée en lui donnant dès sa conception le potentiel de son évolution et de sa transformation. C’est prendre acte que le projet n’a pour but que lui-même. C’est en devenant inefficient et inactuel qu’il atteint sa justesse. Faire patrimoine est un engagement d’avenir. C’est prendre acte de la responsabilité sociale qu’implique l’acte de bâtir. C’est envisager dès sa construction qu’un bâtiment a un rôle à jouer par rapport à la ville, aux habitants, aux ressources mais aussi par rapport au temps.

Texte: FP01 & Particules élémentaires, "Faire Patrimoine", contribution dans le cadre de l'appel à projets "Et demain on fait quoi?" du Pavillon de l'Arsenal, Paris, 2020 - © FP01
De nombreuses initiatives locales, souvent nées d’une inquiétude liée à l’urgence climatique, tentent de remédier à cette perte de dynamique et d’attractivité en se basant sur la mise en valeur de richesses locales par le biais du projet architectural. Elles se fondent sur des ressources de différentes natures, comme les productions d’excellence industrielles et agricoles qui structurent un maillage territorial et paysager propre, ou encore l’utilisation et la valorisation de matériaux locaux qui façonnent des identités architecturales fortes et permettent la transmission de savoir-faire. Ce type de projet mêlant initiative locale et prise en compte patrimoniale forme des écosystèmes de production structurés de manière durable qui sauront au mieux préserver la richesse de nos territoires.

Texte: Association Architecture Patrimoine Continuité, "Territoires, écosystèmes, ressources, Valorisation des ressources locales comme vecteur d’autonomie des territoires, de développement équilibré et durable et de transmission vivante des patrimoines", Projet de recherche non lauréat 2020 de l'appel à candidature pour la recherche en architecture et en paysage de la Caisse des Dépôts et Consignations

Image: 046_Le Moulin de Lagorce - © FP01
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